La Fédération Internationale de Tennis (ITF) vient d’annoncé via un communiqué que la Tunisie a été suspendu un an de la Coupe Davis ! La raison de cette suspension est l’interdiction faite par la Fédération Tunisienne de Tennis à Malek Jaziri d’affronter le joueur israélien, Amir Weintraub, lors du tournoi Challenger de Tachkent (Ouzbékistan) il y a quelques semaines. Cette interdiction allant à l’encontre des règlements de l’ITF et de la pratique sportive internationale, la Fédération Tunisienne, dont les arguments (non cités) n’ont pas satisfait le Conseil d’Administration de l’ITF, celui-ci n’a pas hésité à “envoyer un signal fort” et à voter unanimement pour la suspension de l’équipe tunisienne de Coupe Davis. La Tunisie devait évoluer dans le Groupe III-Afrique (4ème niveau mondial) lors de l’édition 2014 de la Coupe Davis après avoir été relégué cette saison suite à la défaite 3-2 face à la Biélorussie en avril dernier lors des barrages du Groupe II.

Ce n’est pas la premier fois que cette année que le tennis (et le sport) tunisien se retrouve au cœur d’une polémique à la suite d’une éventuel confrontation face à des concurrent israéliens. Il y a quelques mois, la championne tunisienne Ons Jabeur avait aussi subit les critiques et les accusations de certains après son forfait sur blessure lors du tournoi de Baku. Dans cette abandon en quart de finale alors qu’elle menait largement au score et avec la perspective d’affronter une israélienne en cas de qualification en quart de finale, certains y en vu une manière détourné, un prétexte, pour la championne d’éviter de se retrouver, disons, sous le feu des médias pour les mauvaise raisons.

Qui a raison dans cette histoire ? Nous ne le saurons jamais, mais je dois dire que cela pendait au nez du sport tunisien depuis un moment à en juger par ces exemples auxquels on pourra rajouter celui de nos gamins (d’une douzaine d’années) en championnat du monde voile à qui l’on a appris très tôt les valeurs du sport en les empêchant cette été de concourir dans une régate contre l’équipe israélienne ! Personnellement je suis content de cette suspension ; pas content pour l’évolution du tennis tunisien,  mais content car on va (peut-être) enfin parler de cette aberration tunisienne imposée par nos gouvernants ignares et qui empêche nos sportifs d’avancer dans les compétitions internationales.

Dire que la politique et le sport ne font pas bon ménage est un euphémisme et croire que la politique sera un jour totalement absente du monde sportif ferait de vous un utopiste. Cependant, si l’on peut tolérer la récupération politique des exploits sportifs ou de l’organisation de grands événements sportifs, il est inacceptable que “la politique” pour tout humaniste, pacifiste et amateur de sport (et de ses valeurs) qui se respecte que celle-ci puisse interférer avec la pratique même du sport.

Pour rappel, la Charte Olympique (PDF) stipule ceci :

[blockquote cite=”Charte Olympique” float=”left” align=”left”]Principes fondamentaux de l’Olympisme

1. L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.

2. Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’humanité en vue de promouvoir une société pacifi que, soucieuse de préserver la dignité humaine.

3. Le Mouvement olympique est l’action concertée, organisée, universelle et permanente, exercée sous l’autorité suprême du CIO, de tous les individus et entités inspirés par les valeurs de l’Olympisme. Elle s’étend aux cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux Olympiques. Son symbole est constitué de cinq anneaux entrelacés.

4. La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. [/blockquote]

En plus d’aller à l’encontre des valeurs sportives les plus évidentes, empêcher nos sportifs d’affronter des israéliens va aussi est surtout à l’encontre des règlements des fédérations sportives ainsi que de la Charte Olympique à laquelle elles adhèrent tout comme la Tunisie via le CNOT. Cela expose donc nos sportifs à des sanctions méritées et met en péril aussi bien leur carrière que le sport tunisien dans son ensemble. il n’y a rien à gagner avec un telle “consigne” et tout à perdre car le pire dans tout cela c’est que cela va à l’encontre de tout bon sens !!!

Quelle est la logique derrière tout cela ? Soutenir nos frères Palestiniens ? En quoi le forfait d’un sportif tunisien permettra à la Palestine de résoudre ses problèmes ? D’être un pays indépendant, reconnu de tous et connaissant enfin la paix ? En quoi le forfait de Malek Jaziri va permettre aux gamins de palestiniens de se sentir en sécurité, de pouvoir boire jusqu’à ne plus avoir soif, de manger à sa faim et de pouvoir circuler librement sur terre et y jouer (au foot ?) comme bon lui semble avec ses amis sans la moindre inquiétude ?…

Peut-être que la logique derrière est de faire mal à Israël ? Là aussi il faudra nous expliquer comment, en permettant à ses sportifs de se qualifier pour les tours suivants sans le moindre effort et donc de rester frais pour affronter leur futurs adversaires et la rapprocher un peu plus d’un titre ou d’une médaille, on fait mal à Israël ?  Comment, en offrant des points précieux à leur sportifs, leur permettant de grimper plus vite dans les classements internationaux, on a fait mal à Israël ?

Non, peut-être que la logique est simplement de faire changer de cap la politique israélienne vis à vis de la Palestine ?… Dois-je vraiment creuser ici aussi ? Je pense que nous aimerions bien que nos néo-lumières gouvernantes qui ont, semble-t-il, trouvé la parade ultime aux problèmes palestiniens de nous expliquer la méthode afin que l’on puisse l’utiliser pour bien d’autres problèmes aussi…

Soyons sérieux ! Cette consigne adressée à nos sportifs (qui réussissent, car c’est bien eux les plus pénalisés) est une honte et une perte pour tous (mis à part Israël bien entendu) :

  • C’est une perte pour les palestiniens qui aimerait certainement une attention plus directe et constructive à leur cause et leurs problèmes ;
  • C’est une perte pour le sportif tunisien qui a consentit des efforts et des sacrifices tout au long de l’année pour un rêve et tout petit peu de gloire et de reconnaissance qui s’écroulent tout d’un coup sur une connerie qui le dépasse ; sans même avoir perdu sur le terrain du sport !
  • C’est une perte pour sa famille, ses proches et son staff (sans oublier pour son club et sa fédération) qui ont consentit aussi parfois tout autant de sacrifice et d’efforts, qui se sont invertit émotionnellement derrière lui et qui voient leur fils, fille, frère, sœur, ami(e) ou “poulain” échouer au pas de la porte de son rêve, non pas car il a perdu ou n’était pas à la hauteur, mais… vous savez…
  • C’est une perte pour les fans tunisiens qui n’ont que trop rarement l’occasion de célébrer les exploits de leurs compatriotes lors des grandes joutes sportives internationales.
  • C’est une perte pour les fans de sport tout court qui se voit privés d’une confrontation sportive “fair” et qui fausse en quelque sorte la compétition en laissant planer le doute sur le résultat finale : “Et si le forfait n’avait pas eu lieu ?” (on ne le saura jamais) ;
  • C’est une perte et une insulte pour les spectateurs qui ont  payé leur place (à prix fort) pour voir la rencontre et qui se retrouvent face à un terrain aussi vide que leur poche !
  • C’est une perte d’image pour la Tunisie (et Dieu sait que ça compte pour beaucoup de tunisiens)
  • C’est une perte pour le sport tunisien en manque d’exploits, de performances et de visibilités ! C’est une perte et un frein à son développement ; lui qui est déjà sous perfusion, se retrouve comme si on avait appuyer sur le tube pour bloquer le passage du sérum…
  • C’est une perte pour pour les fédérations, les clubs, le ministère des sports, les sponsors et tout ceux qui ont “investi” de l’argent pour porter ces sportifs vers les plus hautes marches des podiums internationaux !
  • C’est enfin une perte pour le citoyen tunisien qui paie ses impôts dont une partie sert justement à subventionner le sport tunisien et ses sportifs et quoi voit tout cela partir en fumé…

Pour conclure, et si l’on suit la logique de cette CONsigne de notre cher gouvernement, on peut dire au final qu’une partie de nos impôts sert à la gloire du sport israélien ! Ces derniers n’en demandaient pas tant je pense…

Catégories : Tennis